lundi 11 novembre 2013

Couleurs d'automne



Petite randonnée du 11 novembre pour voir les couleurs d’un automne bien entamé.
Les premiers pas, nous mènent sous les arbres pleins de lumières.

Passage obligé, pour Wervik : la Lys


Ensuite, promenade pendant une demi-heure dans le parc des Balokken. C’est une île de 1500 mètres de long formée par la rectification de la Lys.
Un cygne au travail.





Position normale

















Quart de tour


 La poupe en l'air
 


Le Français au fil des siècle s'est enrichi de mots néerlandais, souvent, en provenance du vocabulaire des marins.
En dialecte flamand, la poupe, "de poep", c'est tout simplement le derrière (ex : tomber sur son derrière). En bon Néerlandais, on dit "het achterste".
Les Français ont repris ce mot pour désigner l'arrière des bateaux.
Et ici, dans ce milieu aquatique te terme est en fait pris dans les deux sens : le français et le flamand.








Aujourd’hui, j’ai eu la compagnie de deux dames, apparemment randonneuses actives.


Et voilà, ça fait 12 kilomètres.


dimanche 10 novembre 2013

Où la cigogne s'est figée



Samedi 9 novembre

La marche commence par une boucle autour de Langemark un peu au Nord d’Ypres. Dans la pénombre, on essaie de repérer les flèches. D’un côté, le ciel est plus clair.

La silhouette de la puissante église se détache au-dessus d’un fatras de maison encore endormies. J’essaie de suivre d’autres marcheurs, c’est le moyen le plus sûr de ne pas s’égarer dans le dédale des sentiers qui entourent le village. Mais il faut marcher vite, car ces marcheurs matinaux ont des godasses bien réveillées.
Une petite pause, puis ça repart, cette fois-ci sur l’ancienne voie ferrée direction Poelkapelle. C’est agréable. Malgré un temps frais, je sens déjà la sueur. Il ne faut pas trop s’habiller, mais ne pas cesser de se mouvoir.



Voici qu’apparait le clocher.














Ce village devint célèbre tout d'un coup. Pendant la première guerre, l’as de l’aviation Georges Guynemer s'y est tué à 23 ans après de nombreuses victoires. Il  en avait plus de cinquante à son actif. Mais, gardons la tête froide, cela fait aussi cinquante Allemands tués.
Il faisait partie de l’escadrille des cigognes. D’où l'oiseau qui s'agite en haut du monument de Poelkapelle.



Pour revenir à Langemark, il faut encore faire un grand tour (8 km).
Voici le Steenakkermolen (le moulin du champ de pierres) qui a besoin d’être étayé. Mais il a fière allure et domine un panorama étendu.



















Le hameau de Sint-Juliaan, lui,  peut être fier de sa petite église. Moi, je la trouve belle, discrète, sans vrai clocher.



Ce type d’église est appelé « hallekerke » en Allemand « hallekirche », en Français « église-halle ». Il  est apparu au XIIIe siècle. C’est une architecture que l’on rencontre surtout en Flandre,  aux Pays-Bas, en Allemagne et dans l’Est de la France. Sa particularité est de comporter trois nefs quasi identiques. Elle a été conçue pour répondre à des besoins nouveaux.
Au XIIIe siècle, une véritable révolution secoue l’Église. Les gens ressentent la nécessité d’une religion plus simple, plus proche. Les nouveaux Ordres Franciscains et Dominicains ont besoins d’églises qui soient proches des pauvres. Ils avaient besoin de leur parler. Aussi conçoivent-ils les églises nouvelles conçues comme de grandes salles de prédication. Un seul espace, plus de lourds piliers, plus de séparations entre le clergé et les fidèles. Au début, le Pape se méfiait d’eux et craignait que cela ne devienne une hérésie. Sagement, il les a finalement gardés dans la chrétienté. L’architecture a traduit cela par les Églises-halles comme ici celle de Saint-Julien près d’Ypres. Pas de façade pompeuse, un clocher minuscule. À l’intérieur, le cœur ne prend pas de proportions énormes. Pas de riches statues et décorations. Les piliers sont réduits au minimum. L’important, c’est que, dans cette grande salle, on entende bien parler le frère prêcheur, qu’on ressente bien  la foule qui chante. Rien de tel qu’un espace unique.




Voilà, encore un petit effort, un ruisseau nous ramène vers Langemark où des arbres déffeuillés par les dernières tempêtes laissent apparaître le gros clocher.




J'ai parcouru 17,2 km


dimanche 3 novembre 2013

La gadoue, la gadoue


3 novembre jour de la Saint-Hubert,  saint-patron des chasseurs, ça paraît logique de faire une balade en forêt.

Les hauteurs boisées qui entourent Ypres au Sud : c’est le poumon vert de la région. À deux pas de Lille, pourtant, on n’y voit pas beaucoup de gens du Nord. Comme quoi la frontière est bien restée dans les têtes.

Ce dimanche, c'est Zillebeke à nouveau. Je découvre d'abord les terres inondables toutes proches des remparts d’Ypres dans le prolongement de l’étang de Zillebeke que j’ai longé il y a une dizaine de jours.
Ils appellent ça "de verdronken weiden". Cette zone est utilisée comme réservoir des eaux de ruissellement des bois des Hospices. Un peu comme le lac du Der, mais en minuscule.
Après la 1ère pause, on s’enfonce dans les bois.


Voici un petit lac tout rond. Normalement, en montagne, ce pourrait un lac volcanique, mais ici, c’est un trou de bombe de la grande guerre.


Il pleut maintenant, il glisse, il gadoue, …
Pendant deux heures, j’ai déguster le plaisir de patauger et de glisser dans les bois du Palingbeek.

La gadoue : c'était une chanson de Gainsbourg chantée par Petula clark ou Jane Birkin :

Du mois de Septembre au mois d'août
Faudrait des bottes de caoutchouc
Pour patauger dans la gadoue

Une à une les gouttes d'eau
Me dégoulinent dans le dos
Nous pataugeons dans la gadoue

La gadout, la gadoue, la gadoue
...


Un rayon de soleil furtif nous sort enfin du bois.



Maison flamande un peu kitch.




Voilà, c'est fini. 19 kilomètres dans la boue. Je n'était pas seul puisqu'à 10 heures, 300 personnes s'étaient déjà inscrites à la rando : 5 km, 10 km, 15 km et 20 km. Au total, en dépit du temps excécrable, 784 personnes ont participé à cette randonnée dont 61 de Wervik.

Malgré un temps détestable, cette randonnée de Zillebeke a attiré 784 participants.

samedi 2 novembre 2013

Pélerinage


Westrozebeke - Samedi 2 novembre

C’est un bourg situé à un bon vingt kilomètres de chez nous, entre Ypres et Roulers. En lisière de la région légumière. Donc, je me balade entre les serres, les légumes en sortant du village, mais vite, je suis en pleine nature. Aujourd’hui, on va marcher un peu dans la boue. Les machines, avec toute cette eau, n'ont pas encore réussi à faucher tous les maïs. J’ai retroussé les pattes de mon pantalon. Il pleuvote un peu.

Finalement, il fallait s’y attendre, nous passons par l’ancienne voie ferrée qui allait d’Ypres à Torhout. 

La première halte se passe dans l’ancienne gare, à deux kilomètre de Westrozebeke.



Il reste encore dix kilomètres à faire.

J’ai rattrapé un homme qui marche à peu près au même rythme. Je lui dis bonjour et ça déclenche une conversation – en néerlandais bien sûr. Tout de suite je lui dis tout de suite qu’il ne parle pas trop vite sinon je ne le comprendrais pas. Il me raconte ses randonnées.
Il fait la plupart du temps des rando de 30 à 50 kilomètres. Ayant pris sa retraite il y a sept ans, il va bientôt atteindre sont quarante millième kilomètre.
Cette année, il a fait le chemin de Compostelle à partir de saint Jean-Pied-de-Port. A al suite de cela, il a eu un problème de stress musculaire qui l’a fait arrêté de marcher pendant deux mois. Et c’est maintenant qu’il recommence à marcher. C’est pourquoi il ne marche pas plus vite que moi. D’habitude, il fait du six kilomètre à l’heure. 

Je ne peux pas vous raconter ici tout ce qu’il m’a dit, mais il ne me paraissait pas vantard.
L’année prochaine, le veinard, il va faire le chemin de Compostelle par la côte : entre huit-cent et mille kilomètres, sans compter les kilomètres qu’il fait pour visiter chaque ville les après-midi.

Ayant quitté l’ex-voie ferrée, nous voici sur une route que je crois reconnaitre, et que vous reconnaîtrez peut-être aussi. Non ? Mais si, regardez la pancarte !
Vous vous rappelez, un certain 18 juillet ? D'ailleurs, le temps nous avait aussi bien mouillé.

Et là, voici l’église des « cinq-chemins », petite église de la campagne construite il y a une cinquantaine d’année. Chaque église a son caractère.

Au total, ce matin : 15,6 km.
Il y avait pas mal de monde. C'est les vacances, il y a quelques jeunes couples avec enfants. Mais pas beaucoup car le temps ne s'y prête pas.