jeudi 29 août 2013

Anorak traversé

Dimanche 24 août
La radio flamande a annoncé de la pluie, la française a confirmé. Donc, il pleut.
À Wervik, c’est la fête du quartier Molenmeers: marché aux puces sous la pluie. Tout le monde a mis des plastiques sur les marchandises. Mais les dingues des brocantes sont déjà là.

Il y a aussi la randonnée annuelle qui suscite déjà un peu d’activité sous le chapiteau.
Participation : 80 centimes. J’achète et je rempli le formulaire de participation.


 


Comme c’est tout près et qu’il pleut, et que je n’ai pas trop de courage, j’arrive sur place seulement un peu avant 8 heures.

55 Personnes se sont déjà inscrites.





Départ à 8 heures pour  13,2 kilomètres. Il pleut. Je me crois équipé en conséquence.
Las ! À l’arrivée, je m’apercevrais que l’anorak est traversé.







En cours de route, je vous présente une fleur typique de la fin de l’été : la tanaisie. À Wervik, les gens l’appellent « l’herbe à crêpe » (pallulekruid). Ne cherchez pas. Ce n’est pas dans les dictionnaires. (Latin : Tanacetum vulgare, NL :  boerenwormkruid, Anglais : Common Tansy). La tanaisie aromatise, parait-il, les crêpes ou les omelettes. Elle chasse les fourmis et autres bestioles. C’est aussi un vermifuge. Chez vous, elle a peut-être un autre nom.





















 

 












Mais il y a encore d’autres fleurs dont je ne connais pas le nom.









 



À Côté de cette ferme se dresse, à l’écart, un petit bâtiment familier de la région : une tour de séchage de de chicorée. Cette culture était, autrefois, largement répandue dans la région. Chaque ferme avait son bâtiment de séchage, bien à l’écart pour limiter les risques d’incendie. Ces bâtiments, maintenant inutilisés, parfois bien retapés comme ici, font partie du paysage West-flamand.

























Ah, maintenant, j’arrive au poste de contrôle où je dois faire tamponner mon bulletin d’inscription afin de valider mon parcours. À la fin de l’année, j’aurai peut-être une récompense ! (un T-shirt immettable ?)
Un poulailler. Ici, c’est encore un bâtiment typique du paysage flamand. Autrefois, beaucoup de gens, des salariés, élevaient des volailles en contrat avec une firme d’aliment. Ces bâtiments ont vieilli, ils sont devenus trop petits. Parfois ils sont recyclés, comme celui-ci qui est devenu un café, en plein champs. Et il y a du monde qui passe ici, par exemple, les randonneurs.


mercredi 21 août 2013

Mon rêve

Semedi 17 août

Quarante-septième randonnée depuis le premier octobre de l'année dernière.
Départ 7 heures, avec le courage dans les chaussettes.
C'est toujours comme ça: J'ai du mal à me lever, mais quand la randonnée est commencée, je regrette de ne pas avoir démarrer plus tôt.
Jonkershove, cela ne vous dit rien. C'est normal. C'est un peu "Trifouillis-les-oies" des Flamands. Pourtant, nous, Français, nous avons plus qu'il n'y parait, un rapport avec cette contrée.
Région trés pauvre au dix-neuvième siècle, c'était un pays d'émigration. Ils sont partis vers le Canada, vers les Etats-Unis, vers la France.
C'est de cette région que sont parti la majorité des Flamands pour travailler en France dans le Bassin minier avant que l'on fasse appel aux Polonais ou aux Nord-Africains.
De cette région, ils sont partis, nombreux, tous les ans, travailler dans les champs de betteraves du Soissonnais, de la Picardie, du Valois, de la Plaine de France (avant Roissy). Puis il sont allés un peu plus loin, vers la Normandie ou la Champagne.
Ils partaient en train jusqu'à Paris, gare du Nord. De là, ils allaient à pied - plusieurs dizaines de kilomètres - pour se rendre dans les fermes autour de Paris.
La plupart venaient de cette région, autour de Torhout, Dixmude, Roulers.
Plusieurs villages entretiennent le souvenir de cette période avec la statue de l'un de ces forçat de l'agriculture ou de la mine. La statue d'un pauvre hère avec un baluchon sur le dos.
Le village de Koekelare (près de Torhout) a même créé un musée du betteravier flamand.  Il est jumelé avec un village champenois.

Revenons à ma randonnée.
Vu sur le bord de la route...
Français, voici un spectacle que l'on ne voit qu'ici. La ménagère flamande étant une maniaque de la propreté, elle balaie dare-dare. Y compris le trottoir. Regardez bien. Devant une superbe villa, Madame balaye le caniveau.


Si, si... Regardez de près.

Le spectacle est trés courant ici.

En passant, je vous présente mon sac à dos et mon anorak. Le sac, c'est pour mettre l'anorak, le parapluie, les lunettes de soleil, la bouteille d'eau et un petit en-cas. Ce matin, il pleut pendant une heure, puis un crachin, puis voilà le soleil.

 Un petit coup d'oeil dans une cour.

 Comme nous sommes dans le plat pays, dès que la route s'élève de quelques mètres, on a un petit panorama.


C'est le genre d'endroit ou l'on pourrait installer son petit paradis.
Tiens, justement, au dessuis de la porte de cette petite maison retapée, voici "Mijn droom" . Cela veut dire "mon rêve".

Encore une photo du bord de la route. Oh les belles fleurs !
En fait, ce n'est pas tellement une plante des bords de route. Il s'agit de la renouée persicaire (Persicaria maculosa / Perzikkruid). Quand les agriculteurs mettent trop d'engrais, cette plante adore, et envahit les bords de la parcelle. 

Ce matin, la portion de rando était de 18 km. À 10 heures, 500 Promeneurs avaient déjà commencé la balade..

Ah, j'allais oublier ! Devinez un peu ce que font les gens sur ces deux photos !
J'ai vu ce spectacle pas banal dans une prairie, le long de cette jolie allée bordée d'arbres.



Les gens jouent avec un ballon et des grands bâtons au bout desquels est attaché une sorte de maillet ou tout simplement un vieux sabot.
Par-ci, par-là, il y a, dans le sol, des trous de la grosseur d'un ballon. Le jeu est une sorte de golf. Les gens m'ont dit que cela s'appelait "boerenbal". C'était peut-être pour rire. Appelons cela la "boule paysanne".
Je ne sais pas s'ils ont breveté cette idée... Die Vlamingen ! Ces Flamands !

dimanche 11 août 2013

Le rythme de mes pas

Ce matin damedi 10 août, lever 5 heures, petit déjeuner tout seul, Morphée s'occupant à l'autre bout de la maison. Départ pour le village où a lieu la randonnée que j'ai choisie. Cette fois-ci, c'est un hameau d'un millier d'âmes : Slijpskapelle. Les Français feront un effort pour prononcer "slèïpscapelle" (s'ils daignent)... un hameau l'écart de la grand-route.
Un endroit champêtre où il fait certainement bon vivre. La balade commence dans la salle des fêtes ou j'arrive vers 6 heures et quart pour m'inscrire.
J'ai choisi le trajet de 20 km. Je commence à marcher à 6 heures et demi, mais vu le nombre d'autos, Une cinquantaine de personnes a déjà commencé. C'est dire que les organisateurs étaient sur le pont dès 5 heures et demi.

Marcher des heures durant, cela permet de laisser son esprit suivre le rythme de mes pas. C'est laisser les yeux se promener au loin, mais tout près aussi.
Tiens, voici une fleur que j'aime bien. Dans ma Champagne natale, je ne l'ai jamais vue. Il s'agit de la "reine des prés". "koningin van de weide" en néerlandais, traduction littérale. Mais on ne sait si cela a été traduit du Néerlandais vers le Français ou l'inverse. Les gens de Wervik l'appellent certainement encore autrement.

Filipendula ulmaria, c'est le nom latin pour mettre tout le monde d'accord.


Encore une autre fleur ...promesse de nombreuses soupes...

Mais que vois-je ? Il y a encore du tabac dans la région. La culture n'est pas totalement disparue. Il y a trente ans, Wervik était le centre de la plus importante région tabacole de Belgique. Maintentant, il reste seulement le musée du tabac.


C'est pas le tout de musarder, il faut avoir l'oeil ouvert en permanence et ne pas louper les pancartes. Ici, il faut que je tourne à droite.

Au diable de tous ces pavillons sois-disant modernes et sois-disant beaux, Ici, quelqu'un, est amoureux du lierre.



Et là, Une étable ancienne bien conservée. Chuuut, derrière, se dresse en réalité un immense hangard agricole.


Encore un champ de légume. Mais ce n'est pas cela que je voulais prendre. Regardez bien, à gauche de l'arbre, tout petit, le clocher de Slijpskapelle, destination finale de la randonnée.

Et cette fleur, la reconnaissez-vous ? D'ailleurs, qui s'y intéresse ?
C'est le vulgaire panais sauvage que l'on ramassait pour les lapins quand j'étais petit. Il tient les bords de route, le brave, malgré toutes les pollutions.
Latin : Heracleum spondylium, Néerlandais : bereklauw, et en flamand Heelkruid ou Varkenspastinakel, je ne sais trop.



Vite, une photo encore de ce liseron, Dans tout ce vert décor, il veut qu'on le voie. Une seul moyen: sa blancheur éclatante.
Calystegia sepium/Liseron des haies/Haagwinde. ... Je me trompe ?
Sont frère, le liseron des champs se voit moins. Il préfère les chaumes du blé. Mais de blé, on n'en voit presque plus par ici. 


Il peut vous paraître pédant d'étaler ces noms de plante, qu'ils soient latin ou populaires. Mais je trouve que lorsqu'on peut donner un nom à un oiseau ou à une fleur, c'est comme si on les apprivoisait. Je n'en connais pas des cents et des milles. Je voudrais les mieux connaître, et au-delà des noms latins, ce sont les noms populaires qui me charment. Varkenspastinakel est le nom flamand de la berce : c'est presque un nom exotique. Le coucou des bords de route a tout de même beaucoup plus de charme que son nom savant "primevère officinale".


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Fin du parcours.
Pendant toute la promenade, je me suis économisé pour que le dernier kilomètre soit agréable. Et il l'est. A présent, je connais Slijpskapelle par mes pieds.



Huit-cent personnes sont déjà parties randonner.


Tot volgende keer !
Toe te naoste keer !
A la prochaine !

dimanche 4 août 2013


Trois mois déjà, je voulais lancer mon blog.
Je l'ai lancé, mais je ne savais pas mettre des messages. C'est fort!
La situation de mon blog en Flandre est débloquée grâce une (presque) parisienne.

Voici. Ce matin, randonnée à Oostnieuwkerke. Ça ne vous dit rien?
Bourgade méconnue dans une région méconnue (des Français) : le Westhoek.
Le Westhoek, c'est la région de la Flandre la plus occidentale. Dunkerque et Lille ne sont pas si loin que cela. C'est en Belgique, mais c'est surtout la Flandre.

Ce matin, j'étais en plein coeur du bassin légumier de Roulers (Roeselare).
Il faut vous dire que l'économie de ce coin de Flandre marche sur deux pieds: l'horticulture et la petite industrie.
Si la Flandre est prospère, c'est grâce aux productions légumières et horticoles d'une part, et d'autre part grace à sa petite industrie. Chaque bougade s'ennnorgueilli d'avoir une ou deux zones industielle.

Sous un ciel clément, j'ai surtout randonné entre les champs de légume, les serres, et les belles maisons "Farmers flamands".

Tout d'abord, un champ de choux. Des choux qui ne demandent qu'à grandir et prendre le chemin de Rungis, l'un des grands marché aux légume d'Europe.


Des serres, j'en ai vu des tas :
Et à côté des serres, la maison du cultivateur. Mais peut-on encore parler de "cultivateur" ?
Mais la rando, c'est aussi :
- une vieille ferme avec un jardin d'autrefois

- un clocher qui veille sur son village
Un de ces bon gros clochers comme on en voit en Flandre
Un coin de ciel bleu





Au passage, divine surprise : un vrai bois
Le "Vijverbos" (le bois de l'étang)